L’an dernier, aprés ma lecture de Mona et son Armistead, je vous avais bien dit que cela m’avait donné envie de relire les premiers tomes des chroniques… C’est donc ce que je viens de faire, en commençant, évidemment, pas le tome 1 « Chroniques de San Francisco ».
Je vous fais le pitch
Nous sommes à la fin des années 70. Mary Ann Singleton, 25 ans, originaire de l’Ohio, vient de passer une semaine de vacances à San Francisco et, conquise par la ville et par ses habitants, elle décide de ne pas rentrer à Cleveland (au grand dam de ses parents). D’abord hébergé par une ancienne camarade d’école, elle va rapidement trouver à se loger, au 28, Barbery Lane, dans une pension de famille tenue par Mme Madrigal, une logeuse fantasque mais particulièrement attachante, offrant des joints de bienvenue comme d'autres offriraientt un apéro…
Je vous donne mon avis
La première fois que j’ai lu les Chroniques, j’étais encore un tout jeune adulte (il y a donc bien 25 voire 30 ans). Quand on relit un livre qu’on beaucoup aimé, autant de temps aprés, on appréhende toujours un peu. Est-ce que la magie va opérer de nouveau ? Est-ce qu’on a pas trop changé ? Est-ce qu’on est toujours en phase avec son moi d’antant ? Je vous spoile tout de suite ma réponse pour les chroniques : pas du tout. C’est vraiment avec bonheur que je les relis. Avec un œil sans doute différent, et pas exactement pour les mêmes raisons, mais je suis toujours aussi fan.
Fan du style déjà. C’est vif et rapide, avec énormément de dialogues qui rendent la lecture vivante et facile. Beaucoup comparent les chroniques à une sitcom, et c’est sans doute une comparaison valable (et qui s’explique puisqu’avant de devenir des livres, elles étaient bien publiées sous forme de feuilleton dans le San Francisco Chronicle).
Fan des personnages aussi. Je ne me rappelais plus à quel point la galerie de portraits était foisonnante. Mary Ann et Mme Madrigal, évidemment, mais aussi Mona, Michael et ceux dont je me souvenais moins, Deedee et Edgar notamment. Des personnages variés et representatifs de la société toute entière. Et j’ajouterais que les chroniques font partie de ces romans pour lesquels je compterais les lieux comme étant des personnages à part entière. Le 28 Barbery Lane donc, mais aussi la ville de San Francisco tout entière !
Fan enfin du message véhiculé. Là-aussi, je suis content (et soulagé) que mon moi d’aujourd’hui soit toujours en phase avec mon moi d’il y a 25 ans pour trouver dans les chronicles un formidable manifeste à la tolérance. C’est une comédie, pleine d’humour et de fantaisie certes, mais c’est surtout une comédie humaine dont le thème principal, la quête du bonheur et de l’amour (sous toutes ses formes, qu’il soit gay, lesbien, hétéro, familial ou amical) est un pretexte à une radiographie de la société américaine plus profonde qu’il pourrait y paraitre de prime abord.
Je suis donc vraiment enchanté de redécouvrir ce qui était déja en 1994 un classique de la littérature contemporaine américaine et tout aussi conquis aujourd’hui que je ne l’avais été lors de ma première lecture. Et je dois vous avouer que ma lecture du second tome est déja bien avancée !
